Les Libanaises pourraient transmettre la nationalité à leurs enfants

Il y a quelques années, le gouvernement avait envisagé d’accorder le droit aux Libanaises de transmettre la nationalité à leurs enfants, nés d’un père étranger. Le projet a été rangé dans les tiroirs sans jamais avoir été discuté, jusqu’à ce jeudi. Le sujet était à l’ordre du jour du Conseil des ministres qui ont fait une proposition de loi. Il s’agirait d’appliquer la même loi qui concerne les Libanais épousant une étrangère. Ils transmettent automatiquement la nationalité à leurs enfants. Au Liban c’est le droit de sang qui s’applique. Droit de sang masculin bien sûr.

Mais la question de la migration palestinienne pourrait constituer un obstacle à l’adoption de la loi. Le Liban craint qu’une telle mesure n’encourage la venue des réfugiés des territoires palestiniens. Des associations et le Conseil national de la femme libanaise travaillent déjà pour contourner cette difficulté.

« En tant que campagne, notre priorité reste l’égalité totale entre hommes et femmes dans la loi sur la nationalité. Nous ne pouvons approuver une exclusion des Palestiniens ou de n’importe quelle nationalité », a expliqué Lina Abou Habib présidente du collectif moteur de la campagne qui a fait pression sur le gouvernement.

Samira Soueidan lors d'une manifestation en 2010.

Les enfants des couples formés par des Libanaises et étrangers se heurtent à des obstacles infranchissables. Ils sont considérés comme des résidents et pas des citoyens. Conséquences : ils ne jouissent pas des mêmes droits que le reste des Libanais en matière d’accès à l’éducation, puis d’emploi. En 2010, le cas de Samira Soueidan avait mis en lumière les effets néfastes que cette discrimination a sur les enfants.

Les étrangers mariés à des Libanaises ne s’en sortent pas mieux. Ils ne peuvent pas être naturalisé en raison de leur mariage. Ces hommes doivent faire des demandes pour pouvoir travailler et n’ont aucunement les mêmes droits que les citoyens libanais. En revanche, une étrangère épousant un Libanais peut obtenir la nationalité au bout d’un an de mariage.

Si la loi entrait en vigueur, le Liban viendrait se joindre aux six pays du monde arabe qui accordent ce droit aux femmes. Les Emirats Arabes ont adopté la loi en février.

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