J’ai testé pour vous « être femme au foyer »

C’est l’heure de chasser la couette et de se mettre au travail. Une douce actu anime les premières activités de cette journée : taux de chômage record. Quel chômage ?

Trois machines à lancer avec tout ce linge à sortir, éteindre, plier et ranger. Un déjeuner, un dîner, le menu des jours à venir y compris celui du réveillon. Une liste de courses à rédiger. Une bonne heure au Carrefour le plus proche sans compter l’attente dans la queue. La mamie juste devant a oublié de peser ses raisins. Rentrer, passer un coup de balai. La salle de bain ne se range pas toute seule, et la vaisselle ? Elle aussi mérite de l’attention.

Pas d’enfants pour ce  » j’ai testé pour vous ». Si c’était le cas, il faudrait multiplier les heures de travail et absorber quelques litres de boisson énergétique pour suivre le rythme des petits. Encore deux ou trois bricoles, trente minutes à la piscine, hors de question de se laisser aller. Quelques heures devant l’ordi, faut pas déconner, parler à d’autres individus sauve de l’aliénation domestique. Et de toute façon, la journée d’une femme au foyer ne se limite pas aux tâches ménagères.

Il y aussi le télétravail. Certains partis* – le Parti chrétien démocrate, Debout la république, le Front National , le Parti de France, l’UMP et Europe écologie les verts – souhaitant le retour des femmes à la maison l’encouragent vivement. On ne va pas s’emmerder à construire des crèches, si les petites mères s’occupent de leurs bambins tout en restant bien au chaud, exit les frais de baby-sitter, les enfants seront élevés comme il se doit. Et les hommes, les vrais, se retrouveront derrière leur bureau.

La crise fait des ravages

Rester à la maison était devenu un acte de pur féminisme. « C’est moi qui choisie, personne ne me l’impose. Et ce n’est pas pour autant que je deviens Brie Vandekamp ». Sauf que la crise est loin d’être une alliée de la cause féminine. D’après l’Observatoire français des conjonctures économiques, 2,5 millions de femmes auraient renoncé à la vie d’open space pour s’occuper de leurs foyers.

Passer une, voire des centaines de journées à mijoter des petits plats, et pour les plus aguerries, à nettoyer les baves du petit dernier peut être toute une satisfaction. Mais si c’est par dépit, autant revenir 60 ans en arrière.

*Pour une lecture plus approfondie des propositions des candidats concernant la garde des enfants et l’emploi des femmes, lire dans Causette #19 « Qui veut le retour des femmes au foyer ? » par Johanna Luyssen et Julia Pascual.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s