A la rencontre des « salopes »

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Peu nombreuses mais engagées. La « marche des salopes » parisiennes du 1er octobre n’a pas réuni les plus de 600 femmes qui avaient confirmé leur participation sur la page Facebook de l’évènement. L’amateurisme des organisateurs et le temps estival de ce samedi y sont certainement pour quelque chose. Mais les femmes mobilisées n’étaient pas là par hasard. Rencontre avec deux « salopes »  qui revendiquent parité et respect.

« Tout n’est pas acquis »

Aurore

Aurore "féministe dans l'âme" ©FVA

Samedi, Aurore, 23 ans, marchait pour la première fois pour la cause féminine.  Mais au quotidien, c’est une féministe confirmée. Elle se bat pour que l’image que certains hommes se font encore des femmes évolue. « Dans mon groupe d’amis, je suis la seule fille. Quand de nouveaux garçons se greffent à ce groupe, je dois souvent leur expliquer que je ne suis pas là pour coucher. Ce n’est pas parce que je m’entoure d’hommes  que je cherche du sexe. Il faut que je me fasse respecter. »

Aurore se bat surtout contre un préjugé : le mythe de la sainte et la putain. « J’ai été en couple pendant sept ans, maintenant je suis célibataire et je suis libre de disposer de mon corps comme je le souhaite. C’est ce que j’ai envie de faire comprendre aux gens. Les femmes ont des besoins sexuels comme les hommes ». A la maison le combat féministe se poursuit. Son père, tunisien, a une vision plus traditionaliste de la femme : « Je tiens tête à mon père et lui dis que ce qu’il pense est complétement dépassé, la femme ne doit pas porter toute la charge des tâches ménagères » Aurore souhaite tout simplement la parité. Elle veut aussi rappeler aux femmes que « tout n’est pas acquis ».

Aurore est tout à gauche, en tête de cortège. ©FVA

La jeune étudiante cite le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. « Toute une révélation pour n’importe quelle femme ». Elle a suivi des cours de gender studies et voit dans les groupes féminins des années 90, comme TLC, l’exemple du féminisme accompli. « Les TLC parlaient crument de sexe et d’avortement ». Les initiatives ultra-médiatiques d’ « Osez le féminisme » la convainquent moins. Madame ou mademoiselle ? « Ça va un peu loin ». Aurore est certes imprégnée d’une certaine culture féministe. Mais elle a sa propre théorie à elle. « Pour moi, une femme accomplie est une femme qui a compris ce qu’elle voulait faire de sa vie et elle ne s’est pas laissée entraver par personne, encore moins par un homme ».

« Quand je dis ‘non’ c’est ‘non' »

Bronwyn ©FVA

Bronwyn, canadienne, a rejoint « les salopes » en petite tenue. Soutien-gorge à décolleté pigeonnant, une jupe qui ne couvre pas grand-chose et des cheveux rouges. Elle est une des seules à arborer fièrement l’uniforme de ce genre de manifestations. « J’aime bien me déguiser. Ma tenue aujourd’hui a un sens, ce n’est pas parce que je suis en soutien-gorge qu’on a le droit de me violer. Quand je dis ‘non’ c’est  ‘non’, quand je dis ‘oui’ c’est ‘oui’.

Alors qu’elle attend le départ du cortège elle se fait interpeller par un photographe qui lui demande de poser. A un coup elle doit jouer la vierge effarouché, à un autre, elle doit feindre une invitation à la débauche. » J’ai refusé. Ce ne sont ni mes vêtements, ni mon attitude qui légitiment un viol. Une femme ne se fait pas violer, elle est violée. Ce n’est pas la faute de la victime ».

Bronwyn vient de décrocher un master en management et habite à Paris depuis plus d’un an. Elle n’a pas pu participer à la première slutwalk au Canada qui a déclenché le mouvement à étendue mondiale, au mois d’avril.

Cette femme pétillante ne théorise pas son engagement. Pancarte à la main, des ballerines en fausse peau de léopard aux pieds, elle a manifesté pour que les victimes de viol soient entendues et que les femmes soient respectées malgré leur tenue. Elle a regretté que le nombre de voix pour porter ce message, et bien d’autres, ait été aussi faible lors de la slutwalk parisienne. « La France est bien connue pour ses manifestations. Ici on n’a pas besoin d’une excuse pour marcher dans la rue. Où est tout le monde ? »

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