Le tabou de l’avortement en Amérique Latine

« Les riches se font avorter et les pauvres meurent ». C’est ce qu’une féministe vénézuélienne déclarait mercredi sur Twitter. Elle s’exprimait à l’occasion de la journée pour la dépénalisation de l’avortement en Amérique Latine. Amnistie Internationale (AI) a jugé « honteux » que des femmes violées soient forcées à garder le bébé car la loi interdit l’avortement.

"Les riches se font avorter et les pauvres meurent."

L’ONG a lourdement insisté sur les tentatives de suicide des victimes de viol, et sur les avortements qu’elles pratiquent sur elles-mêmes en mettant leur vies en danger.

Dans les pays d’ Amérique Latine, des centaines de femmes meurent à la suite d’un avortement clandestin, selon AI. Les femmes qui ont les moyens se font avorter aux États-Unis. Dans des pays imprégnés de catholicisme, où le prêtre mange à la table de l’élu local, il est difficile d’instaurer des politiques d’éducation sexuelle. L’avortement est un pêché électoral. Pour l’ONG, refuser l’accès à la contraception est une atteinte aux droits des femmes et jeunes filles. Et ce sont les plus démunies qui en pâtissent.

L’organisme a convoqué les différents gouvernements de la zone et les Caraïbes pour « promouvoir des projets concrets d’accès à l’avortement pour les femmes et à l’éducation sexuelle pour toutes ». AI a décidé de soutenir les initiatives de la région avec une campagne : « De l’éducation sexuelle pour décider, de la contraception pour ne pas avorter et la légalisation de l’avortement pour ne pas mourir »

L’ONG estime qu’il n’est pas cohérent de signer un accord pour lutter contre la violence faite aux femmes et refuser la dépénalisation de l’avortement. La plupart des pays en Amérique Latine appartiennent à la convention de Belem do para, Convention inter-américaine pour la prévention, la sanction et l’élimination des violences faites aux femmes.

Au Nicaragua, hommes et femmes ont manifesté pour la légalisation de l’avortement.

En France, la loi Veil a rendu possible l’interruption volontaire de grossesse il y a plus de 25 ans, en 1975. En Amérique Latine, les pouvoirs publics et certains hommes restent figés dans un passé néandertalien. Ils sont convaincus que donner le droit aux femmes de disposer de leur propre corps équivaut à encourager la dépravation des mœurs.

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