Les victimes du « féminicide » à Juarez

Il y a des villes où être une femme n’est pas de bon augure. Ce n’est pas Kaboul. C’est Ciudad Juarez dans le Nord du Mexique. Le nombre de muertitas de juarez, ces filles disparues, torturées et assassinées ne cesse de se multiplier et les familles ne savent plus vers qui se tourner. Elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Mais les menaces de mort les empêchent d’agir.

muertas de juárez...

Les tombes des muertitas de Juarez sont désignées par une croix rose. ©Fernando Fabela

Une association des familles des victimes de viol et torture ont créé, il y a dix ans, l’association « Nos filles de retour à la maison » dans les villes de Ciudad Juarez et Chihuahua. Son objectif : mettre sur le tapis les nombreuses morts de ces filles pour qu’on ne les oublie pas. L’association dénonce ces féminicides, notamment, auprès de la Cour Interaméricaine des droits de l’homme pour en finir avec l’impunité.

Marisela Ortiz, une des cofondatrices de l’association, a récemment présenté une demande d’asile aux Etats-Unis. Elle craint pour sa vie, son travail de militante lui a valu des ennuis auprès de l’armée qu’elle dénonce en tant que complice ou auteure des crimes.

« Je ne veux pas quittter mon pays », a t-elle déclaré à un journal américain. Mais elle et sa famille ont fui dès qu’elle a reçu une menace de mort dans son domicile. Ortiz a affirmé qu’elle n’espérait pas que son gouvernement l’aide.

Une autre militante des droits des femmes est déjà en asile aux Etats-Unis; ainsi que Marisol Valles, la plus jeune chef de police qui était censée faire face au crime organisé, du haut de ses 21 ans.

Femmes fantômes

© Teun Voeten, June 2009, Ciudad Juarez, Chihuahua State, Mexico. Ciuda Juarez, just across the border from the Texa town of El Paso is the most violent city of mexico and the epicenter of the war on drugs. Although roughly 3000 federal troops were send

Le tiers de la population économiquement active à Juarez est composé de migrants et surtout de migrantes qui viennent travailler dans les maquiladoras, des usines de transformation de tissu appartenant à des transnationales américaines. Ces migrants arrivent des zones défavorisées du Mexique. Dans cette même ville, deux puissants cartels de la drogue se disputent le marché de la drogue. C’est la première ville au rang mondial en termes de violence et de criminalité.

Ce climat n’est pas le plus rassurant pour ces femmes anonymes qui circulent nuit et jour dans cette ville en quête de travail. Depuis environ 15 ans-toute une vie- des jeunes femmes de milieu modeste se font enlever dans la rue, elles sont ensuite violées à plusieurs, torturées, décapitées ou démembrées. On le sait quand les criminels se daignent à faire réapparaître le corps. Sinon, ces femmes, jeunes et jolies, ne restent que des fantômes.

The dangers of reporting Ciudad Juarez

Danger ©Mexico Reporter

Des organisations diverses et variées, dont l’ONU, ont adressé des centaines de recommandations au gouvernement mexicain. Ce qui n’a rien changé. Toutes les 29 heures, une femme est assassinée à Ciudad Juarez. En 2010, 271 victimes ont trouvé la mort.

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