La Turquie au féminin : une réalité à multiples faces

Où sont les femmes couvertes jusqu’aux pieds ? Elles sont là, aux abords de la Mosquée Bleue. Elles côtoient les jeunes filles en petite jupe, cigarette à la main. Cheveux en l’air, la vingtaine, jolies et souriantes, elles ne sont pas des touristes en quête d’exotisme. Elles sont aussi turques que celles qui répondent à l’appel du muezzin.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Femmes de ville

Dans ce pays, on ne peut pas parler de la condition de la femme au singulier. Il suffit d’arpenter les rues d’Eskisehir ou d’Istanbul pour se rendre compte qu’il y autant de réalités que de femmes. Entre celles qui portent le foulard islamique et celles qui sont perchées sur de fausses Louboutins, il y a un monde de différence. Dans ces villes, la plupart des  Turques ressemblent aux Européennes : branchées, coquettes. Ce n’est pas étonnant, car il s’agit de milieux urbains. Les femmes qui y habitent proviennent de milieux plutôt aisés. Ce sont celles qui accèdent aux études supérieures et donc à l’émancipation.

Malgré les inégalités sociales et économiques, les femmes occupent une vraie place dans la société turque. En 2009, elles représentaient plus d’un tiers des effectifs dans les secteurs professionnels comme la santé, l’enseignement supérieur ou la justice et sont bien représentées dans les fonctions de cadres supérieurs des entreprises privées.

Les Turques ont eu droit de vote en 1934, dix ans avant la France, et elles occupent des postes de responsabilité dans les structures les plus importantes en Turquie. Güler Sabanci dirige le deuxième groupe le plus important du pays. Elle est fille de İhsan Sabancı, lui-même héritier de Hacı Ömer Sabancı, fondateur du conglomérat. Ce qui confirme aussi que les origines sociaux-économiques jouent un rôle essentiel pour occuper une place de prestige dans cette société.

Femmes de campagne

Les Turques peuvent encore être victimes de crimes d’honneur, contraintes à rester à la maison et obéir à leur mari. C’est une pratique minoritaire, mais réelle. Toujours en 2009, près de 30% ne savent ni lire ni écrire ; d’après une enquête de la direction générale sur le statut des femmes (17 168 femmes dans 51 provinces interrogées), 40% ont été victimes de violence domestiques et parmi elles, 90% ne demandent pas d’aide extérieure, 14% considèrent normal que le mari batte sa femme.

Femmes en campagne

Depuis 2004 la loi turque protège les femmes. C’est une victoire des féministes du pays : Le statut de chef de famille, qui pouvait interdire à son épouse de travailler, disparait, l’auteur d’un viol est puni comme un criminel et la solution de recours qui lui était proposée (épouser la victime) pour échapper à la condamnation disparait. Le droit reconnait la femme à disposer de son corps et non plus la famille. Et elles ne comptent pas uniquement sur la législation. Elles se mobilisent, la preuve : les nombreuses manifestations aux-quelles elles participent qu’il s’agisse des droits de la femme ou du droit tout court. Les femmes refusent d’être sous l’emprise d’un système patriarcal toujours puissant en Turquie.

Publié originalement sur Digital Bridges

Publicités

2 réflexions au sujet de « La Turquie au féminin : une réalité à multiples faces »

  1. Ping : La Turquie au féminin : une réalité à multiples faces « Le blog de Florencia

  2. Ping : Les femmes en revue « Vie de femmes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s